10. Pourquoi nous jouons

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  Au dernier étage de l’immeuble de Nati, une couchsurfeuse que je viens de rencontrer, nous sommes tous réunis le soir de mon retour à Asuncion et je retrouve ma bande de joyeux lurons. Nous buvons des coups, je leur raconte le poker, les mésaventures de ma plaque d’immatriculation et Nati me propose sa spécialité, le sandwich paraguayen, le même que dégustent régulièrement Ted et Marshall durant leurs années fac dans How I met your mother, si vous connaissez un peu la série (et si vous ne connaissez pas, c’est que vous êtes ma mère, donc bonjour maman, tout va bien, bisous).

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Je ne suis personnellement pas un grand amateur de sandwich. Il m’arrive d’en manger un de temps en temps en France en soirée, j’en ai testé quelques spécialités à Rio ou Sao Paulo mais j’avais été un peu déçu par leur qualité.  Sauf que Nati est une grande cuisinière et sait trouver les arguments pour me convaincre de goûter le sien. Elle le prépare elle-même, et me vante la qualité de la salade cultivée chez des agriculteurs locaux. Je croque deux trois bouts, juste pour essayer, avant de le passer au voisin, et effectivement je suis agréablement surpris. A vrai dire, c’est un tel délice que nous sommes tous rapidement d’excellente humeur. Je commence à faire des blagues avec tout le monde et je rigole pour rien.

  Je ne sais pas pourquoi, mais les bons sandwiches m’ouvrent toujours l’appétit. Avec Nati, Diego, et Guillaume, un français expatrié en stage à Asuncion, nous descendons nous acheter un lomito ( un autre sandwich, cette fois-ci avec de la viande, du jambon, des oeufs, de la sauce partout, diététique quoi, mais quand on a faim… ) Guillaume trébuche sur une pierre qui traîne, peste en français contre lui même, ça fait rire Diego et Nati, puis moi par contagion, et c’est ainsi que commence le plus grand fou-rire de tout mon voyage. Pendant une demi-heure, nous ne pouvons plus nous arrêter. Nous rions à en pleurer, presque à en vomir, tandis que notre pauvre compagnon qui boîte un peu se console sur son lomito dans un gémissement de douleur et de rire. Quel sandwich chers lecteurs, quelle qualité ! le meilleur de ma vie!

  Notre éphémère amitié scellée par ce moment magique, je demande à Nati de m’héberger pour la nuit, et partage son petit studio avec elle et Barbara, une autre couchsurfeuse allemande de voyage en Amérique du Sud. Le lendemain nous nous balladons dans la ville à trois, plus un anglais. Je me découvre des affinités avec Nati, photographe de 28 ans, un humour vif et bien cassant, on se marre avec cette fille !

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 C’est beaucoup moins le cas des deux autres qui traînent derrière. Grâce à eux, je découvre une nouvelle espèce de voyageurs : les baroudeurs chiants. Barbara a 19 ans, voyage en Amérique du Sud depuis 6 mois, tandis que l’anglais, du genre 28 ans, et dont j’ai oublié le nom, pour vous dire comme il m’a marqué, fait le tour du monde depuis quasi un an. Ces deux là sont entrain d’accomplir le rêve d’une vie, parcourent depuis des mois des pays que la plupart des gens rêveraient de voir, rencontrent chaque jour de nouvelles personnes, et pourtant, ils dégagent une incroyable passivité. A Barbara, qu’on arrive difficilement à sortir de son facebook, et à qui on demande si elle préfère aller sur les quais ou au centre, elle répond distraitement, comme à son habitude, « me da igual » (« peu importe », « c’est le même »). A l’anglais à qui l’on demande s’il veut rentrer à l’hotel ou m’accompagner manger avec Lauri et les copines pour mon dîner d’adieu, il répond « estoy bien » ( « ça va ». Wtf? ) qu’il faut interpréter comme un étrange, « ok, je viens, mais bon j’ai pas trop le choix ». L’indifférence totale.  Ils pourraient être ici ou ailleurs, ça n’a pas grande importance. Ils voyagent par défaut, parce qu’ils ne sauraient pas trop quoi faire autrement.

  A la fin du repas, je leur fais mes adieux à tous, vu que c’est ma dernière soirée à Asuncion. Demain matin, Mario le vendeur de la moto, doit m’annoncer qu’il a ma plaque d’immatriculation. On est un peu triste, on prend des photos souvenirs, c’est la vie…

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  En attendant je passe la nuit dans la colocation d’Amira, une expatriée française que j’ai rencontré la semaine précédente. Ils vivent à 4 dans le centre-ville avec Diego, sa copine, et Pep, un ingénieur. Je m’entends bien avec eux, ils sont eux aussi fans de sandwich paraguayens et ne mangent quasiment que ça toute la journée. On rigole, on passe le temps, et le lendemain, quand Mario m’annonce tranquillement et pour la 10e fois que ma plaque n’est toujours pas prête, Diego qui est parfaitement bilingue me donne un gros coup de main pour essayer de trouver des solutions à mes problèmes administratifs.

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 Je fais contre mauvaise fortune bon coeur ( expression que vous n’aviez plus lue depuis 1997, je sais, ne me remerciez pas) et profite de mon jour de répis pour aller avec Amira faire une virée de l’autre côté du Rio Paraguay, en face d’Asuncion, dans le Chaco. La traversee dure quelques minutes, nous débarquons de l’autre côté du fleuve.

DSC00764_2 Nous ne sommes qu’à 500 mètres de la ville, et pourtant ici le paysage est radicalement différent. On se ballade en pleine nature, dans une riche végétation que je ne connais absolument pas, puis au milieu d’un étonnant chantier naval. Amira me surprend par son incroyable bagout, sa capacité à parler avec n’importe qui. Nous faisons connaissance avec un des électriciens, qui nous propose de nous revoir pour visiter Asuncion, ou le chantier avec lui.

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  Au retour, le soir venu, je refais mes adieux aux filles. Cette fois-ci elles se marrent, ça en devient presque un jeu. Elles m’annoncent qu’avec l’administration paraguayenne, je vais rester 2 mois à Asuncion, et même si ça me plairait de les voir encore aussi longtemps, je commence à désespérer car j’ai l’impression de tourner en rond. Le lendemain,  quand Mario m’annonce encore une fois que la plaque n’est pas prête, 3 semaines après l’achat de la moto, je pète un plomb. Je le menace d’appeler l’ambassade de France, la police, mes parents, de changer de « gestor » ( le manager qui est censé régler tous les papiers et qui a déjà reçu son bakchich ce bâtard) . Tout ce qui peut peser un minimum. Je sens que ça s’agite enfin un peu de l’autre côté de la ligne. Mon père de son côté appelle le gestor et tombe tout de suite sur lui ( miracle, je n’ai jamais réussi à le joindre en 1 semaine). La situation semble enfin se débloquer. Et le lendemain, quand Mario m’appelle, je sens sa voix différente, plus chaude.

« Ta plaque est arrivée ! »

Le soulagement…Enfin je vais pouvoir reprendre mon voyage !

Nous sommes mercredi 29 juin, et je rentre pour la troisième et dernière fois à Ciudad del Este. Mario m’attend à la gare de bus, il me tend la plaque, je lui donne le bakchich convenu, et il a l’air encore plus soulagé que moi. Il devait en avoir marre de ce français insupportable qui l’appelait tous les jours pour lui poser la même question à laquelle il ne pouvait pas répondre. Nous nous quittons ainsi, sur une note un peu amère, alors que nos premiers contacts avaient été bien chaleureux. Dommage…

  Le père de Richard vient me chercher, grands sourires, nous rentrons à la maison et mangeons en famille. Je passe les deux jours suivants à m’entrainer à conduire. Le grand départ Ciudad del Este/Asuncion (350km) approche et je veux être prêt. Je me fais quelques virées seul ou avec Richard autour de la ville, des petites randonnées d’une vingtaine de kilomètres. Je maîtrise de mieux en mieux ma bécane, commence à avoir l’intuition du traffic insensé en ville, la confiance est là.

  Et pour mon dernier soir à Ciudad del Este, j’ai envie de retenter ma chance au poker. J’arrive au casino America où j’avais déjà joué la première fois. L’endroit n’a pas changé depuis la semaine dernière, toujours la même lumière blanchâtre, les machines passées d’âge, les serveuses en minijupe au sourire fatigué, et la table de poker au fond, lumières basses, fumées de cigarette, avec les mêmes regs, comme si ils n’avaient pas bougé depuis la dernière fois. Ils sont agréablement surpris de me revoir. Je leur avais raconté mon voyage et ils pensaient que je ne reviendrais plus, mais mes péripéties administratives en ont décidé autrement. Après quelques minutes d’attente, je m’assieds au milieu de ce beau monde. Un monde, c’est le cas de le dire : la table est composée de toutes les nationalités qu’on peut rencontrer à Ciudad del Este.

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  A ma gauche, je me fais chaleureusement accueillir par l’un des seuls paraguayens de la table avec lequel j’avais sympathisé la dernière fois. L’Egyptien à ses côtés, début de la quarantaine,  tire la gueule. Je n’arrive pas à dire s’il s’ennuie ou s’il est juste épuisé. J’avais déjà étudié son jeu la dernière fois et il ne m’inquiète pas trop. Beaucoup moins en tout cas que les deux asiatiques à ses côtés. Le premier a la trentaine lui aussi. Il s’installe peu après moi, sans un mot pour personne mais visiblement tout le monde le connait. Il a l’attitude froide et mesurée des bons joueurs et une indéniable présence à table. Le second a le début de la vingtaine. Sa manière de jouer est celle d’un requin du .com et, comme à chaque fois que deux joueurs d’internet se rencontrent à une table de livetards ( terme désignant les joueurs de poker « en vrai », par opposition au online), une sorte de complicité immédiate s’installe. Malgré que nous soyons adversaires, nous sympathisons rapidement. J’apprends qu’il est d’origine chinoise, nous parlons de mon voyage, et il m’avoue qu’il rêve de faire le même. Il m’invite à sortir avec les jeunes regs et les croupières après la partie, j’accepte.

 Le reste de la table est plus facile. Un septuagénaire qui se fait appeler docteur semble être là pour passer le temps. Deux brésiliens sympas, probablement frères, que j’avais déjà rencontrés et dont je comprends bien la manière de jouer. Une vieille serrure japonaise, et surtout… Une chinoise, la quarantaine, un verre de whiskey à côté, un énorme sourire sur la face. Elle a clairement l’air d’être là pour s’amuser. A son arrivée, elle sort une énorme liasse, en tire quelques billets et cave le maximum, 200 blindes ( la blinde est l’unité de base du poker. Elle peut valoir 1 centime ou 1000 euros selon la partie.  Dans ce blog nous parlerons toujours en blindes, pas en valeur monétaire ). Elle rentre dans tous les coups, ne se couche jamais, relance parfois sans raison. Sa manière de jouer par moments n’est pas si mauvaise, je reconnais quelques moves plutôt intéressants, mais ça n’en demeure pas moins un sacré gros poisson…

  De mon côté,  j’ai cavé 100 blindes et commence à jouer. (amis non pokeristes, j’essaie de rendre ça le plus lisible possible, mais il faut quand même de temps en temps raconter quelques mains, ca s’appelle World Poker Trip l’air de rien… Les quelques lignes qui suivent vont être un poil technique. Si vous n’y connaissez rien, je vous pardonne si vous les passez)

  Mis en confiance par ma dernière soirée, je décide de jouer assez large, et de profiter du fait que j’ai beaucoup de lectures sur mes adversaires. Ca se confirme contre le trentenaire paraguayen. Un joueur relance à 5. Je suis en fin de parole, ouvre 65 de pique et décide de payer.

  Nous sommes 4 à voir le flop :  J62 dont deux trèfles (pot 20)

  Check général, la parole me vient, j’ai pas mal de raisons de miser 15, c’est ce que je fais. Le trentenaire est le seul à payer et nous voyons la turn : un 4 de carreau (pot 50).

  J’ai quelques tells de posture et de timing qui me font penser qu’il a une main faible, du genre paire moyenne, top paire mauvais kicker ou tirage. J’aime ce 4 de carreau. La beauté de cette carte, c’est que si je mise fort maintenant, je peux lui faire passer des mains qui me battent, comme 77 ou J9 qui auront peur de ne pas batttre un bon J, et être payé par d’autres que je bats, comme 45, A4 de trefle etc qui avec le tirage couleur flop, ou quinte turn ne se voient plus partir.

  Je décide de miser 30, il paye rapidement, et cette fois ci c’est quasiment sûr, il chasse une couleur ou une quinte.

 Rivière : Q ( pot 110 ). Aucun tirage n’est entré, si mon analyse est correcte, la dame ne change rien et je suis toujours devant. Je sais qu’il a une main très faible et qu’il ne va jamais payer une mise normale désormais. Moi aussi je n’ai quasiment rien. Je pourrais juste checker et voir ce qu’il a, mais je décide de faire ce qu’on appelle un suckbet ( on suce l’argent jusqu’au dernier jeton !) et je mise 3, la petite mise ridicule, pour le faire payer par curiosité, ou provoquer une bêtise de sa part, comme relancer par exemple … Je le vois qui commence à réfléchir :

 « 3?? Pourquoi 3??

– Parce que tu ne vas pas payer plus avec ton hauteur as

– … »

  Je le vois un peu troublé, il ne sait pas quoi faire. Dégouté, il finit par payer, montre A3 de trefle c’est à dire exactement ce que j’avais prévu. Non seulement j’ai pris le maximum avec ma risible 3e paire, mais j’ai montré que j’étais capable de lire comme un livre ce pauvre Paraguayen, et de miser beaucoup même avec des mains moyennes. Patrick Bruel appelle ça prendre l’ascendant psychologique. L’avoir avec soi, c’est bien.

  La soirée continue. Je vois le jeune joueur d’internet se prendre une horreur et se faire destacker par l’un des brésiliens. J’ai un peu de peine pour lui, mais d’un point de vue stratégique, c’est une excellente nouvelle pour moi. Dégouté, il s’en va le moral en berne, sans aller faire la fête. A table, il ne reste plus que le taciturne japonais qui m’oppose de la résistance. Avec mon stack qui atteint les 250, je prétexte la superstition pour changer de siège, me mettre à sa gauche et parler après lui. J’ai repéré quelques leaks ( erreurs ) dans son jeu, notamment une tendance à jouer un peu trop large. Plusieurs fois je l’isole, je le grignote, il doit se coucher et il est irrité. Au bout d’un moment, le terrain est prêt. Je le sens sur le point de se rebeller, il va bientôt faire une erreur. Ca ne manque pas. Vers 1 heure du matin, il se lance dans un énorme bluff contre la pire cible possible : la chinoise. Celle ci va le payer sans sourciller 3 fois avec sa minable paire max et notre japonais s’en va la queue entre les jambes. Au moment de récupérer les jetons, elle lâche un grand rire de satisfaction. Je suis plutot content moi aussi… Nous sommes désormais tous les deux les les gros tapis de la table, j’ai la position sur elle et, ayant été très actif, j’attends mon heure avec impatience.

 

  La voila qui arrive.

 

  En fin de parole, je reçois  QJ de coeur et relance plusieurs limpers ( personnes qui paient simplement, sans relancer) à 6, je suis payé par le brésilien et quand la parole revient à la chinoise, voila qu’elle décide immédiatement de relancer à 20. Etrange move. Jusqu’à présent, je l’ai toujours vue relancer directement ses bonnes mains, et son « limp/reraise » malgré la taille de la mise n’est pas un gros signe de force. Avec la grande jouabilité de ma main, nos profondeurs et nos positions respectives je décide de payer.

  Nous nous retrouvons à 3 sur un flop intéressant : 3 2 7 dont deux coeurs ( pot 90 ). J’ai un tirage couleur et deux cartes au dessus. Rien pour l’instant, mais une grande probabilité d’avoir sur les deux prochaines cartes une combinaison puissante.

 

  Le brésilien check ( il n’a rien) la chinoise hésite longuement et finit par check. Cela fait quatre heures que nous jouons ensemble, et ce check signifie qu’elle a soi complètement raté son flop ( des mains comme KT, AJ etc… ) soit qu’elle piège avec une main énorme ( brelan ) ou elle a une main moyenne genre 22/66,7x,88,99). Pas mal de possibilité donc. Mais j’ai moi-même une main potentiellement puissante, et je peux faire coucher une partie des mains meilleures que moi .

  Je décide de miser 40 dans ce pot de 60. Le brésilien se couche rapidement, la chinoise hésite un moment, et finit par payer. Je ne suis pas particulièrement content de la voir me suivre, car cela oriente ma lecture vers des mains moyenne comme 66, 7x etc.. Et vu mon image et son profil, je ne suis pas sur de pouvoir la bluffer.

  Je suis encore entrain de me demander ce que je vais faire si la turn ne m’aide pas, mais le J qui apparait m’ôte tout mal de crâne (pot 140 ).

 Encore une fois elle check. Il lui reste environ 150, le pot fait 140, il n’y a désormais quasiment aucun doute que je suis devant (sauf si elle m’a piégé, mais dans ce cas, c’est la vie…), et malgré l’énorme pot, je décide de faire une mise qui l’engagera à tout mettre quoiqu’il arrive : 110.

 La voila qui se tait, et qui réfléchit longuement pour la première fois de la nuit. Je la vois qui me regarde, cherche l’information. J’ai adopté ma poker face, le coude sur la table, la main soulevant mon pull qui cache ma bouche et ma gorge, les yeux baissés sur le tapis. Je suis immobile, j’attends…

  La table qui était joyeusement bruyante il y a un instant est désormais silencieuse. Durant les deux minutes que durent sa réflexion, tous se taisent, observent, essaient de deviner les jeux respectifs. Une vraie tension, puissante, palpable.  Elle est si dense qu’on pourrait la toucher. J’aime cette ambiance. Ces moments incroyablement intenses, que je n’ai vécus qu’au poker, et qui font que malgré la répétitivité des situations, nous y jouons, encore. Et encore.

  120 secondes d’éternité plus tard, la voila qui pousse tout son stack. Je paie rapidement, retourne ma main et guette sa réaction.

  Elle grimace… Bonne nouvelle… Et montre 88. Je suis bien !

  Le pot de 440 blindes est énorme, le plus gros depuis le début de mon voyage, que ce soit en nombre de blindes ou en valeur monétaire. Elle n’a qu’une seule carte pour gagner, un 8, qui ne soit pas de coeur. J’ai beau avoir 98% de gagner, je sens mon coeur qui accélère. La croupière laisse durer le suspense et retourne… Un 7 !

  Soulagement. L’énorme masse de jetons vient vers moi, je suis désormais devant un énorme tapis. La chinoise recave, mais je resterai désormais loin devant.  La soirée continue ainsi, mon rush incroyable se prolonge, et vers 3 heures du matin, je suis assis devant mon gigantesque tapis de 800 blindes. La moto est remboursée et j’ai assez devant moi pour pouvoir vivre au Paraguay pendant plusieurs semaines… Je viens de jouer l’une de parties les plus incroyables de ma vie, et il est temps de s’en aller.

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 Je fais mes adieux à toute la table, qui me salue avec un peu moins d’enthousiasme que lorsque je suis arrivé quelques heures plus tôt. Je passe à la caisse, empôche les billets, et suis plutot rassuré de pouvoir rentrer tout de suite en moto plutôt que d’avoir à attendre un taxi dans le centre de Ciudad del Este avec autant d’argent sur moi. Le sommeil cette nuit là est difficile à trouver, mais je me force à dormir, pour être en forme pour les 5 heures de route que je dois me taper le lendemain.

  A peine endormi, voila qu’il fait déjà jour, et qu’un bruit énorme me tire de mon sommeil.

  Ce n’est pas mon téléphone qui a sonné, mais le tonnerre qui gronde. Dehors, c’est le déluge…

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