23. Six mois

article précédent : 22. La Paz

  Six mois déjà.

  Pour fêter l’occasion, j’ai décidé de rompre la linéarité du récit, et de vous écrire en temps réel. C’est l’heure d’un bilan provisoire, à mi-voyage.

  Il s’en est passé des choses depuis que le jeune architecte en manque d’aventure a quitté Lille, à la fin de l’hiver dernier…

  Après avoir baroudé pendant un mois au Brésil en bus, j’ai acheté une moto sans jamais en avoir conduit auparavant, et parcouru 8000 kilomètres. J’ai traversé le Paraguay, le Chaco argentin, La Quebrada de Humahuaca, les Andes et la pré-Amazonie Bolivienne. J’ai passé des déserts et des cols de la hauteur du Mont Blanc. Roulé dans le froid, la nuit, le brouillard, sous la pluie et la grêle. Sur de belles routes asphaltées et sur des pistes en terre, en gravier, en sable et dans la boue. Je suis tombé quelques fois, ai ajouté à mon front et mes mains quelques nouvelles cicatrices. J’ai traversé les paysages les plus beaux et les villes les plus chaotiques.

  J’ai joué au poker partout. Des grands casinos aux arrières-salles clandestines. Dans des restaurants, gratte-ciels, hangars, sous-sols, clubs sociaux, maisons, centres commerciaux. J’ai joué avec la crème et les voleurs. J’ai rasé des tables, me suis fait raser, parfois arnaquer. J’ai ressenti la tension des mains cruciales, la confiance des séries positives, l’incertitude des périodes noires, l’épuisement des sessions interminables. A deux semaines d’intervalle, j’ai vécu la destruction de la plus grosse défaite de ma vie, et l’euphorie de ma plus grosse victoire.

  J’ai voyagé six mois seul sans jamais être isolé. Six mois à rencontrer tous les jours de nouvelles têtes, et à loger chez l’habitant. Des villas avec piscine aux bidonvilles sans eau courante ni électricité. J’ai dormi  par terre, sur des canapés, dans des bureaux, des maisons familiales, dehors sous ma tente, dans des alojamientos miteux. J’ai rencontré des  gens qui m’ont spontanément hébergé sans même me connaître.

 J’ai appris tous les jours. Des bases de mécanique, de salsa, de brésilien. Les subtilités internationales de l’espagnol, de l’administration paraguayenne, des sociétés sud-américaines. J’ai rencontré tout un pan de ma famille qui habitait là-bas. Je me suis découvert de nouvelles passions, des forces et faiblesses que je ne soupçonnais pas.

  J’ai vu le côté obscur du voyage. Je suis allé partout et à toute heure, parfois naïvement. J’ai rencontré des petites frappes, des flics véreux, des voleurs, des tricheurs, des dealers, des putes, des maquereaux, des escrocs, des narcos, des misérables au bout du rouleau. J’ai été étonné d’en apprécier, voire d’en admirer certains. J’ai tué un chien, insulté un vieux, me suis fait pigeonner plusieurs fois. J’ai regardé la mort dans les yeux à Santa Cruz, et j’espère ne jamais revivre ce moment.

  J’ai vécu l’excitation d’une vie sans routine, et la mélancolie des adieux permanents. Je me suis surpris à séduire et être séduit beaucoup plus qu’en France. Je suis tombé amoureux, souvent, me suis fait embrasser passionnément. J’ai failli arrêter mon voyage pour l’une d’elles, et finalement je l’ai quittée.

J’ai ressenti la puissance incroyable de la liberté, un soir, à cent à l’heure dans Asuncion. J’ai réalisé que pour la première fois de ma vie, je pouvais faire exactement ce que je voulais. Et depuis je fais exactement ce que je veux : écrire et voyager.

  J’adore ma vie.

  Je ne me souviens plus de la dernière fois que j’ai pu écrire une telle phrase. Je repense à avant, quand j’étais architecte dans le Sud de la France. Des conditions de travail idéales, un patron sympa, des horaires cools. Et pourtant là bas, huit heures par jour devant un ordi, à m’épuiser en semaine, sortir le weekend presque par obligation, je me rends compte que la routine me tuait à petit feu. C’était il y a à peine neuf mois, j’ai eu le temps de renaître depuis. Je ne me vois plus y revenir désormais.

J’ai pris une décision. Je vais prolonger ce voyage. Un an, peut-être plus qui sait.

C’est LA grande nouvelle de ce billet : il y aura un World Poker Trip, saison 02 !

La saison 01, initialement le Tour du Monde s’étant naturellement transformée en un Rio/Bogota (Colombie) plus approprié à la lenteur de mon rythme, la saison 02 elle, me verra donc parcourir l’Amérique centrale et le Sud des Etats Unis pour un épique Bogota/Las Vegas. On en est encore loin mais, comme vous, j’ai déjà la bave qui coule rien qu’à imaginer la traversée du Canal de Panama, les tacos, les mojitos, les plages guatémaltèques, les ruines aztèques, le soleil toute l’année, les mexicaines…

L’envie est là, et la motivation au maximum. Il n’y a finalement qu’un seul inconnu : le poker.  Le point positif, c’est que j’ai beaucoup progressé. Je m’y attendais, le fait de jouer dans une telle variété de lieux, et d’affronter autant d’adversaires différents m’a permis d’affiner énormément mes lectures et de développer l’une des qualités les plus importantes du grinder : l’adaptation.

Le point négatif, c’est que je dépense plus que je ne gagne. Deux mois plus tôt, j’aurais évacué ce point d’un haussement d’épaule, mais malheureusement la situation a évolué. Finis les beaux jours Brésiliens et Paraguayens où il me suffisait de m’asseoir à table pour gagner de l’argent, et où je pouvais m’offrir une moto ou un ordinateur sur un coup de tête. J’ai terminé mon passage en Argentine à peine positif, et j’ai la tristesse de vous annoncer que la Bolivie est mon premier pays négatif. La faute à des joueurs bien meilleurs, à un méchant badrun (période de malchance) depuis Jujuy, et à une mésaventure avec des tricheurs à Cochabamba qui m’a coûté un bras, et dont je parlerai dans un prochain article.

  Mais pas que ça.

  La vérité, c’est que vivre du poker tout en voyageant, c’est plus dur que de le faire chez soi, où l’on est dans sa zone de confort, solide psychologiquement. Même si j’ai progressé techniquement, la majorité des erreurs que je commets aujourd’hui sont dues à la fatigue physique et mentale de 6 mois de voyage. Les faits sont là : mon gain horaire de voyageur correspond à un tiers de celui que j’avais en France. Une baisse très significative, même s’il faut la relativiser en la rapportant au niveau de vie local, et en se rappelant que je suis toujours bien gagnant.

  Toujours est-il que depuis quelques semaines, je puise directement dans la bankroll (compte poker) pour mes dépenses quotidiennes, et qu’il ne me reste aujourd’hui que 60% de mon capital initial. Rien d’alarmant pour l’instant, mais le prochain pays que je traverse, le Pérou où le poker est légal et se joue dans des casinos sera donc déterminant pour la suite de mon aventure. J’espère pouvoir y faire des réserves afin d’envisager la saison 02 avec plus de sérénité.

  Cette incertitude inhérente au poker m’a également fait réfléchir à un financement complémentaire pour ne pas dépendre uniquement des cartes. J’ai quelques idées en tête :

–          Un joli livre retraçant mon périple, avec photos et textes remaniés. Reste à savoir si des gens qui suivent mon blog seraient prêts à acheter un livre qu’ils ont déjà lu. (vos avis ?)

–          Un autre livre destiné aux joueurs de poker, spécialisé dans la stratégie en cash game live. J’ai l’impression d’avoir accumulé une sacrée expérience désormais, et je suis sûr que pas mal de monde pourrait être intéressé.

–          Un sponsoring évidemment faciliterait pas mal les choses. Je n’ai fait aucune démarche pour l’instant par manque de temps, mais j’ai confiance en ma bonne étoile pour recevoir un joli mail dans les prochains mois…

  Tout ça va plus ou moins dépendre de la popularité de mon aventure j’imagine, mais  le fait que vous soyez de plus en plus nombreux à me suivre autant sur le blog (50 000 visites !) que sur le facebook me donne bon espoir. Et pas qu’à moi d’ailleurs si l’on en juge le grossissement de la team World Poker Trip :

–          Au début juste mon frère, qui a créé le site, m’a donné pleins de conseils, a déposé l’association ( le petit texte que vous voyez à la fin de chaque article), a monté une vidéo.

–          Désormais deux graphistes, qui vont m’aider à mettre en place la version 2.0 du blog, avec des cartes pour me suivre plus facilement et un nouveau logo

–          Et enfin, deux ou trois traducteurs qui vont m’aider à conquérir Las Vegas en traduisant mon blog en anglais dans les prochains mois, lorsque je serai plus proche des Etats-Unis.

  Enfin bon, le rêve américain, ça reste encore assez lointain. En attendant, dans les prochaines semaines, le programme c’est de continuer à écrire en essayant de forcer un peu la cadence, car mon blog a désormais trois mois de retard sur le temps réel : le prochain article vous racontera mon arrivée en Bolivie, le passage à Tarija, les magnifiques ballades à 3000 mètres, l’étonnante rencontre des coiffeurs qui m’ont hébergé dans un bidonville à Villamontès. Niveau voyage, je m’apprête à quitter la Paz dans les prochains jours. Petit changement de programme je ne vais pas tout de suite au Pérou.

  Pour la première fois de mon voyage, je m’apprête à commettre deux sacrilèges. Le premier est  d’abandonner Parkinson pendant quelques jours et de voyager en bus. Je vais la laisser dans un garage à La Paz, car je n’ai pas le courage de faire à moto les trois jours qui me séparent de ma prochaine destination.

  Ma prochaine destination, le voila le second sacrilège :  je retourne à Santa Cruz. Je reviens sur mes pas.

  Dimanche, je prends le bus de nuit pour retrouver Thalia.

article suivant : les amours dissymétriques

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Comments

  • octobre 16, 2013

    te lire me fais voyager, j’ai littéralement dévorer ton blog dès que je l’ai connu (+1 pour l’achat du bouquin, si ça peut aider a continuer ton périple…! )

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  • octobre 16, 2013

    un client !

    reply
  • octobre 16, 2013

    tu n’a pas tout perdu ^^

    reply
  • octobre 16, 2013

    S’il faut te sponsoriser je suis IN aussi, tu réalise pour moi un rêve inavoué. A partir d’un certain montant (20e?) peut être pourrions-nous recevoir ton livre avec ton périple et tes astuces/conseils/stratégie pour le cash game… Bon courage à toi, je suis en admiration devant ton parcours. Je viens de finir mon diplôme et si j’avais ton courage moi aussi je me lancerais! Si je peux t’aider je le ferai.

    reply
  • octobre 16, 2013

    Petittttt câlins pour toi 🙂

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  • octobre 16, 2013

    Tu peux essayer un truc de crowdfunding comme ulule ou kisskissbankbank . GL 🙂

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  • octobre 16, 2013

    On continuera de te lire, alors ne t’arrete pas !

    reply
  • octobre 16, 2013

    Passionnant. Je te souhaite une fin heureuse à cette aventure. Si elle s’arrête un jour !

    reply
  • octobre 16, 2013
    Georges Charbel El Hage

    hmmm!!
    good luck jonath!!!

    reply
  • octobre 16, 2013

    Avec tout mon soutien et mon admiration ne t arrêtes pas …. Tu es incroyable !
    Et tu écris magnifiquement bien !

    reply
  • octobre 16, 2013

    Les 3 dernieres phrases <3

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  • octobre 16, 2013

    Impatient de lire la suite…… Un peu comme un fou de séries qui attend la prochaine saison, juste « troooop long ». Bien entendu, j’achèterai le livre, si il y a. Bonne continuation 🙂

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  • octobre 16, 2013

    Mais quand tu veux pour le bouquin, c'est ou qu'on signe ??? C'est de la pure folie ce que tu fais, mais que c'est bon d'être fou… par procuration.

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  • octobre 16, 2013

    vous me faites chaud au coeur vous tous, merci

    reply
  • octobre 17, 2013

    Wow, découverte

    reply
  • octobre 17, 2013

    Toujours aussi bien écrit! Hâte de lire la suite de tes aventures 🙂

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  • octobre 17, 2013

    Encore un très bon article ! Merci beaucoup pour les news et ça présage encore un bon paquet d’aventures ! GL pour le poker au Pérou 😉

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  • octobre 17, 2013

    Frère, ce bilan sonne comme la naissance réelle de WPT. Ces 6 derniers mois ont duré en vérité quelques années tellement ton expérience, ton vécu, ta maturité semblent avoir été bouleversés. Je te suis pour passer à la phase 2. On se parle sur skype ce week-end

    reply
  • octobre 17, 2013
    givron doris

    Merci Jonath de nous régaler par tes récits, moi qui suis pèpère dans ma petite vie bien règlée……. ah !que ça fait du bien. Bizzz

    reply
    • octobre 17, 2013
      admin

      merci doris 🙂

      reply
  • octobre 17, 2013

    Sacré chute mon coquin <3 (et je me doutais que tu ne pouvais t'arrêter là, continue, vis ton rêve!)

    reply
  • octobre 17, 2013

    Aucun problème pour acheter ton bouquin, tu as vraiment un talent pour l’écriture, lire et relire ce n’est pas un problème quand la lecture fait voyager 😉

    reply
  • octobre 17, 2013
    Jonathan Kienlen

    Oui, un bouquin qui pourrais s'appeler "j'irais grinder chez vous" mais il te faut encore plus d'expérience.

    reply
  • octobre 17, 2013

    si j ecris qqchose, ca sera probablement en colombie apres 1 an de voyage

    reply
  • octobre 18, 2013

    Y digo yo, para cuándo la traducción al español Jonathan?
    Por cierto el artículo es muy bueno, si el libro es así claro que lo compraría…
    Besos y cuidadito

    reply
  • octobre 18, 2013

    tendria que buscar una traductora… 😉

    reply
  • octobre 19, 2013
    samy575

    Salut tu vis mon reve que je n’aurais jamais le courage d’accomplir

    RESPECT !!

    reply
  • novembre 8, 2013
    Akran

    Salut Monsieur,

    Je suis Modérateur sur PokerStrategy.com où j’ai découvert ton blog et ta superbe aventure.
    Je suis donc joueur de CG comme toi, mais mon métier est éditeur dans les guides de voyages (pour pas le nommer, la collection a un logo avec un bonhomme avec un sac à dos tout rond XD ).
    Je prends un plaisir immense à lire ton blog, et déformation pro, je ne cesse de me dire que ton aventure mérite d’être couchée sur papier.
    Si tel est ton projet, il faut que tu emmagasine un max de matéros (photo et notes).

    Lorsque tu dis que le livre peut être répétitif par rapport à ton blog, je ne le pense pas du tout. Tu ne raconte pas tout, tu en as peut être l’impression, mais je t’assure qu’avec du recul beaucoup de chose se mettront en relief. Et la narration d’un livre et d’un blog n’ont pas le même rythme.
    Bref, si j’ai un conseil, ne voit pas ça comme une option, mais un projet réalisable.

    Concernant ton projet de livre « poker » je sais pour fréquenter le forum cité ci-dessus, qu’il peut y avoir beaucoup d’intéressé.

    Une dernière piste : un ami photographe a pu réaliser une expo grâce à une « souscription ». Il a demandé à des acheteurs potentiels s’ils étaient prêt à lui payer les photos sans les avoir vu matériellement avant. Le tirage étant très cher. Ça a marché. Beaucoup on acheté ses photos simplement en les regardant sur son site et il a pu financer le tirage et faire son expo avec des photos déjà vendues.

    Je suis très triste, il me reste un article à lire après celui-ci.

    A très bientôt,

    Akran

    reply
  • novembre 8, 2013
    admin

    salut akran, merci pour ton message, ca fait bien plaisir, et ca motive a écrire encore plus.

    Je prends des notes (j’en ai perdu plein suite à un événement que tu découvriras dans un prochain article) et des photos…

    On verra ce qu’il en est de la motiv au moment ou j’arrive en Colombie, mais ce bouquin, j’y pense serieusement oui…

    reply
  • mars 3, 2014
    Susie

    Je pense que même si tous ceux qui te lisent n’achètent pas ton livre pour eux-mêmes (même si c’est tout à fait plausible), ils pourront toujours l’acheter pour quelqu’un d’autre, et dans tous les cas ils te feront sûrement une bonne publicité =)

    reply
  • avril 7, 2014
    FredMell

    Salut natanoj/jonathan,
    Si tu sors un livre sur ton aventure, je ferais assurément partie des premiers acheteurs … tellement la lecture de tes articles est agréable et intéressante.

    reply
  • avril 24, 2014
    Steve1307

    Salut Jonathan,

    Cela fait plusieurs jours que je parcours ton blog par intermittence en fonction de mon emploi du temps et je dois dire que tes mots m’emportent littéralement !
    Chaque moment disponible me renvoie vers ton site afin de prendre connaissance d’un nouvel épisode…

    Il est vrai que ton histoire regroupe 2 de mes passions/hobbies que sont les voyages et le poker mais je pense que l’intérêt que j’y trouve va bien au-delà de ça !
    Tout cela est très bien écrit et évoque les différents thèmes dans de bonnes proportions.

    De ce fait, je ne peux que te souhaiter bonne chance pour la suite de ton périple… et, si j’étais toi, je ne perdrais plus de temps à réfléchir si un livre retraçant ton parcours serait une bonne idée mais plutôt comment le réaliser et qui éventuellement contacter pour cela.
    Hormis l’aspect financier indéniable, un livre en ton honneur laissera une trace plus importante dans la tête des amateurs de voyage plutôt qu’un blog, aussi bien écrit soit-il, mais habituel pour un voyage de ce type.

    En tout cas, une chose est sûre si celui-ci voit le jour, c’est qu’il prendra place dans ma bibliothèque !

    Continue de nous faire rêver avec ton aventure et sache que d’ici, à Tournai (Belgique), non loin de ta région lilloise, j’attends avec impatience le prochain épisodes !

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  • décembre 7, 2014
    Océane

    Je viens de tomber nez-à-nez sur ton blog, par hasard, et je dois dire que je suis complètement sous le charme. Je trouve étonnant de ne pas l’avoir trouver plutôt, d’ailleurs. Tes mots me captive, je deviens accros à tes récits, je ne sais plus m’arrêter de lires tes articles. Ton livre est une très bonne idée, et j’irais courir l’acheter dès sa sortie. J’espère pouvoir établir mon projet de voyage, et franchir le pas comme toi, partir à l’aventure. Admirative, pour ton courage et ton goût pour l’aventure. Bonne route, et je vais continuer à lire les articles que je n’ai pas finis de voir.
    Amicalement, Océane.

    reply

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